Responsable.

Publié le par Sisyphe

   Mes pas battent le bitume sale de la ville, mes semelles s’entachent a la boue des parcs. Je vis dans un monde d’images, l’œil en fonction rafale,  le crane comme un boiter d’appareil photo. Je rends la ville aphone, les esgourdes au chaud sous un gros casque audio, je me coupe du  tango étrange du bruit des humains et de leurs machines, mais je ne peux me soustraire a la valse tourbillonnante des multiples odeurs qui changent sans cesse.

Il y en a tant. Tant qui attendent de sauter aux naseaux a chaque coin de rue. Encyclopédie olfactive géante, vivante, changeante… c’est déjà beaucoup. Trop ? Peut être. Il y a dans cette multitude de senteurs un éparpillement brouillon qui évolue trop vite, s’évanouissant aussitôt né, inéludable. Parfums éphémères, idiots, irréels parfois. Simplement monté par petit bouts par le cerveau, créant ainsi une odeur qui n’existe pas… ailleurs que dans notre tête et ce qu’elle a enregistré.

 

Je perds le contact avec la réalité je crois. De plus en plus. Le constat est d’autant plus effrayant que je l’observe d’un regard de banquise.

 

   Tu es passée la, ravissante. Et tu m’as gratifié d’un large sourire fugace orné de dents blanches et propres, enrobées de désirables lèvres bien dessinées et sans artifices. Tes yeux brillaient de la même honnêteté que ton sourire. Ces yeux verts clairs rehaussés avec humilité par un discret liserait noire, striés de quelques mèches de ta chevelure de jais agitée par le vent. Tu es magnifique.

Qui étais tu, où allais et que pensais tu, je ne le saurais jamais. Car je n’ai pas pu te rendre ce sourire, j’en suis devenu  incapable. Je suis devenu impalpable. Suis-je devenu, ou me suis-je rendu ? Il y a, a cette question une réponse terrifiante, pétrifiante. En contemplatif zélé, je suis allé trop loin, beaucoup trop loin. Et j’ai regardé l’envie d’avoir envie de revenir s’éloigner doucement, sans le moindre sursaut, sans le moindre sentiment. La seule chose qui me rassure dans tout ça, c’est que la moindre chose qui parvient quand même à me toucher, arrive de tellement loin qu’elle me fracasse en mille morceaux a l’impact. Mais ces choses la, sont de plus en plus rares. J’en suis le seul responsable.


   Le moindre fait, est soumis à une sempiternelle et infreinable analyse froide et distante. Du toucher a la parole, de l’acte aux rapports humains. Tout.

   Non. Sisyphe n’est point une renaissance. C’est un observatoire d’agonie mentale. Une cage où je m’agite encore de quelques soubresauts qui tendent au pathétique, surement. Mais qu’importe. Le monde va bien plus mal que moi. En ce moi ne où ne traine ni mépris, ni haine, ni colère. Mélancolie surement, lassitude certainement.

 

Ainsi en va-t-il surement, de toute fleur bleue. Ces increvables petites choses qui rampent par instinct dans un monde de rêves intouchables. Des rêves qui doivent rester rêves, afin de ne jamais s’écrouler.

Oyez, oyez, l’histoire de la rose, dont la mort est sans fin, dont l’invisible et perfide sclérose naquit à tort de ses mains.

Il est plus que probable, que je sois parvenu au point de non retour, sans même  m’en rendre compte, trop occupé sans doute, à m’éloigner du reste pour tenter de comprendre. Je crois que je ne tombe plus,  ou bien la chute est si ancienne que je ne m’en rends même plus compte.

N’est plus ni haut, ni bas. Ni gauche ni droite. Ni Tangente.

Même ces mots sont d’une stérilité monstrueuse. Cet écoulement de pensée tristounette ne menant nulle part. Fade et inutile. In partibus.

 

Bon sang…

J’aurais aimé accorder moins d’importance à tant de choses. Et je ne comprends toujours pas pourquoi elle en a tant.  Sans doute, ou peut être, parce qu’avec le temps cette chose est devenue un rêve et que je la préserve comme un dernier refuge. Je me console en sachant pertinemment que je suis insupportable et que je n’ai plus à être supporté.

 

Je suis le seul responsable.

 

 ---

 


Même si le vent ne souffle plus, 
Je t'en prie et même t'en conjure,
Dis toi juste que je ne suis plus,
Il y a si longtemps que ça dure,
A trop donner on ne sait plus prendre,
Que ce soit cadeaux ou tortures,
A trop pleurer sans rien comprendre,
Les fronts finissent sur les murs.

Mon tendre amour, Tu n'as perdu que trop de temps, Mon pauvre amour, Il en est d'autres devant. Et moi derrière, je t'en remets au vent.


Et de tout les coups qui soient,
Les plus forts sont mes erreurs,
Dans la douleur on ne voit que soi,
Et les pansements nous apeurent,
A trop tomber sur mon triste chemin,
J'accuse mes pierres en menteur,
A trop regarder le ciel de mon destin,
Sous la lune, les étoiles meurent.

Même si le vent ne souffle plus,
Je te le souffle, te le murmure,
J'ai condamné toutes les issues,
Avec les clous de ma déchirure,
A trop aimer sans rien a vendre,
L'évidence devient l'auto censure,
A trop avoir la patience d'attendre,
La solitude fait parti des murs.

Ô tendre amour, Tu n'as perdu que trop de temps, O pauvre amour, Il en est bien d'autres devant, Et moi derrière je t'en remets au vent.

Et de tout les silences qui hurlent,
Le plus assourdissant reste ta voix,
Et de tout les feux qui me brûlent,
Le plus ardent se nourrit à ton bois,
A trop décrire nos mondes intérieurs,
On en perd bien trop souvent la voie,
A trop écrire au sang de son cœur,
Les pages blanches n'ont plus de toit.

Et sous mon vent qui ne souffle pas, 
Et même si cette demande est injure,
Saches que je ne suis pas pour toi,
Ni pour quiconque je te l'assure,
A trop donner on ne sait plus rendre,
Ni différencier le clair ou l’obscur,
A trop chercher sans rien apprendre,
Les coeurs de bois finissent en sciure.

Ô toi l'amour, Tu n'as désormais plus de temps. Regarde, amour: Il en reste tant d'autres devant. Mon aujourd'hui reste d'hier. Remets-t’en donc au vent.

 

 

-M.R- 2011

/2009 réedition modifiée 2011 

 

 

 

 

"Je suis tellement tordu que si j'avalais un clou, il ressortirait en tire-bouchon"

-C.Levert-

Publié dans In partibus

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

simia 25/03/2011 10:51



tu ne dois pas renoncer, jamaisà l'amour...


et tu n'es pas insupportable... que tes mots sont beaux toutefois, emplie d'émotion.



Sisyphe 25/03/2011 16:31



Je nensais pas la... pour un bon moment c'est bien mieux comme ça en tout cas... :/



songe 23/03/2011 11:37



ben le  montrait que mon commentaire était drôle !!! Il était même taquin !!! tu n'as pas remarqué ???  



songe 23/03/2011 07:44



Désolée... Je n'aurai jamais utilisé cette réplique "facile"



Sisyphe 23/03/2011 10:25



Allons allons... où donc a tu mis ton humour?



songe 22/03/2011 20:09



c'est un smiley qui se gratouille le menton



Sisyphe 23/03/2011 06:36



Ha bah oui... comment ai je pus oublier^^ En ayant pas de cerveau, très juste. ;)



songe 22/03/2011 18:37



(th)



Sisyphe 22/03/2011 20:08



kézako "(th)"