Le carnaval des illusions

Publié le par Sisyphe

 

 

Au carnaval des illusions, les masques sont nombreux,

Et sous les cotillons bien des rêves jonchent le sol.

Protagonistes ou spectateurs, les mirages dans leurs yeux,

Ne sont qu'à peine voilés par la horde des symboles.

 

Au carnaval des illusions, tous les clowns sont tristes,

Même sous une pluie de bonbons ou leur statut d'artiste

Décroit la flamme de leurs regards sur la grande piste,

Feu la joie, la liesse, l'oubli, ô tristesse sur la grande liste.

 

Dans le carnaval des illusions, le monde pense être heureux

Et sous les flonflons, leur innocence pave le sol.

Cracheurs de flammes, magiciens de pacotille, fier ou fiévreux,

Ne sont que pantins animés d'une main fort molle.

 

Au carnaval des illusions, les acrobates sont autistes

Sachant qu'il n'y a qu'à travers leurs tours qu'ils existent,

Leurs gestes parfaits, sous les projecteurs perfectionnistes,

Déguisent un temps leurs rêves de charbon en améthyste.

 

Dans le carnaval des illusions, les masques sont nombreux,

Et toutes envies baignent, assoupies dans le formol.

Sourires, rires, bien être ne vivent qu'a travers tout les feux,

Éclairant le spectacle, produisant d'éphémères idoles.

 

Au carnaval des illusions les jongleurs sont nihilistes

Ni d'or, d'ambre ou de toc, leurs balles ne sont que kystes

Ils jonglent avec, en habiles et tendres jemenfoutistes,

Faces de phase terminale, atténuées par les projectionnistes.

 

Quand le carnaval des illusions s'étouffe en eux,

Et que de chacun de leurs masques, sèche la colle,

On découvre les visages, marqués, séchés, hideux...

Ne sachant même plus, non où est la piste d’envol.

 

 

Au carnaval des illusions, les masques sont nombreux

Et quand le rideau tombe, ses artistes regardent le sol

Ramassent au milieu des cotillons, leurs rêves lépreux

En caressant les pavés d’une innocence rendue folle.

 

 

 

M.R 2008

Réédition modifiée 2011

 


Publié dans Réeditions

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Rom 13/07/2011 20:19



C'est juste une perfection. Et un art de la conclusion... Bravo ! 


Bonne continuation


Rom



Sisyphe 14/07/2011 08:51



Wao^^ ça c'est gu compliment^^


Merci beaucoup Rom!


 


J'en profite pour tefeliciter pour tes écrits, si je ne commente pas.. je lis :)


A bientôt!



cecyle 08/07/2011 20:22



Un carnaval de mille et une horreur...


Dis, mon visage aussi était marqué, sécheux, hideux?


hihi


Mais non je déconne, je me fous de l'avis des gens bien sur!!!


Tu sais, c'est en partie pour détruire ma peur du ridicule, et me libéré de ce fameux regard...


Ce texte tombe à pic cependant, noir et bandant! heu je veux dire très plaisant!


Salut msieur



Lucy 08/07/2011 18:43



C’est une poésie triste et un peu noir, mais très bien écrite ! Il est vrai que les artistes sont un peu
autistes, en fait dans cette vie qui s’avère être un immense théâtre, tout y est illusion… A bientôt, et bonne soirée


Lucy


 



Sisyphe 13/07/2011 12:53



C'est en partie de cela dont il est question oui :)


 


Merci pour cette lecture Lucy, a bientôt



li 08/07/2011 15:26



Je me suis crue à Venise... Piazza San Marco quand la fête est finie, c'est l'effondrement.


 


 



Sisyphe 13/07/2011 12:51



Heureux de t'avoir transportée un peu Li :)



Reinette 07/07/2011 21:48



un poème noir que j'ai malgré tout lu avec plaisir


bonsoir