Joute verbale de temps oubliés

Publié le par Sisyphe

 

Prologue

   A tant faire de rester dans "le verbiage d'antan" (et pour clore ce chapitre) Je vous (re)présente ici deux textes, présentéS sous ce qui pourrait être une pièce... ou plutôt un sketch. Le premier est celui qui a "outragé" la belle et completement a la masse Martine du Grenier de la lune et qui a provoqué le 2eme texte qui suit bien sur le premier (et ce, même si tout les 2eme ne suivent pas forcement les premiers, mais c'est une autre histoire. Bref.)

A l'origine, le premier texte avait pour titre "Mauvaise foi féminine des temps oubliés" léger, mais gentillet, réglage de comptes vis a vis d'une certaine caste qui m'agace un peu.. beaucoup. Le 2eme texte se forma en commentaire puis, naquit en texte un peu plus mis en forme. J'ai encore en tête les franches rigolades aux travers desquelles le 2eme texte fut formé... puissent les deux bestiaux vous faire rire ou re-rire.

 

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Joute verbale des temps oubliés

Acte I

 

 

Mais dites moi chère cousine, qui est donc ce beau damoiseau?
Parlez vous de celui qui s'incline, loin la bas prés des roseaux?
C'est bien cela oui! par tout les saints du paradis qu'il est beau!
Il semblerai oui, mais je ne le connais point et peu m'en chaut.
Et bien ma cousine, par mon célibat je l'aurai! il me le faut!
Je lui trouve triste mine, espérons qu'il ne soit point trop sot!


un peu plus tard, dans le jardin éclairé par la lune, ou l'homme la contemple seul, assis sur un banc de pierre.

La lune est belle ce soir! c'est a croire que le soleil la transperce...
Et bien jeune homme? vous semblez aussi bavard qu'une herse!
Il semblerai, Madame, que votre langue fisse l'ouvrage de deux,
Cela dit bonsoir, quand même si, de la courtoisie, en ai pour deux.


Diantre quelle introduction! fort inhabituelle aux damoiseaux d'ici
Lesquels cherchent encore solutions pour m'attirer dans leurs lits.
Car damoiselle et non grande dame, je reste encore aujourd'hui
Mais je n'en suis pas moins femme, libre de tout et ivre de vie...

Vous aurez donc compris que je ne suis point de vos beaux lieux,
Mais que vous n'ayez point de mari, m'en rend bien malheureux,
L'indéniable proéminence de vos charmes, ferait légions d'envieux,
Et bien des Horace en ce jardin calme, en convoiteraient les feux.


J'ai peur de ne point comprendre, n'aimez vous dont que l'adultère?
Ce qui est pris n'est plus a prendre, sur les vôtres ou sur mes terres.
Détrompez vous, je ne suis de ceux la. C'est même tout le contraire,
Je ne suis plus, ou plutôt je ne suis  pas, un des apôtres de l'éphémère.


Mais que et qui diable êtes vous donc pour repousser mes avances?
Et d'ou vous vient cette distance et la froideur de votre éloquence?
Savez vous le parterre d'hommes qui se damneraient pour mon genou,
Et combien il en fut éconduits, et combien d'hommes ai je rendu fou?

Il m'importe peu d'avoir connaissance du nombre de vos conquêtes
Mais voyez ainsi en moi et fort assurément, votre première défaite
Ni charmes, ni flatteries, n'ombragent plus, de mon coeur la route
Aujourd'hui inaccessible il en est ainsi, a vous et comme a toutes.


Ne prendrez donc vous pas, la sous la lune, ce que je vous propose?
Saisissez donc votre chance, vous n'en aurez qu'une messire morose!
Hélas, si votre romantisme n'était point inversement proportionnel
A la générosité de vos attributs, une histoire serait née sous ce ciel.


N'honorerez donc vous point le désir ardent qu'en moi vous provoquez?
Soyez un homme que diable!! je bous je suis a vous! vous y êtes arrivé!
Ne vous plais je donc pas a ce point? cela viendrait il de mon corsage?
Il est pourtant fait pour se défaire, mon couturier est un coquin volage!

Damoiselle, je suis de ceux dont la race s'éteint.

Apprenez ce soir que la beauté n'est qu'un écrin que chronos abîme
Si le joyau d'esprit qu'il contient ne brille point dans toutes abîmes
Or vous resplendissez ici de beauté physique et non d'un charmant esprit,
Apprenez, ce soir qu'il faut parfois plus qu'une paire de seins pour dresser certains vits.


Elle s'en fut, contrariée, vers sa tendre cousine qui de loin son retour guettait.

Alors ma cousine, l'affaire fut elle a hauteur,
De vos espérances avec ce beau damoiseau?
Car je vous ai entre aperçue tout a l'heure
En direction du jardin où flânait le jouvenceau...
Cent fois, mille fois hélas non ma chère!
Vous aviez vu juste, ce que je pensai faux
Après quelques échanges il s'avère...
Que ce jeune homme n'est en fait qu'un sot!

Acte II

(elle revint a la charge dans le petit salon, le jour suivant.)

 

Comment?! vous vous refusez encore à moi ....?!!!

Jamais oh grand jamais immonde scélérat
On ne s'était risqué à pareil attentat,
Me voir en mon palais, si bassement traitée
Je punirai ce crime de  lèse-majesté...
Pour m'avoir offensé et porté préjudice
Tu seras sur l'autel offert en sacrifice,
 Et les trésors que les Dieux, voulurent  pour t'embellir
Tu te verras forcé à les ensevelir...

N'est point madame, scélérat qui le croit!

Je n'ai que trop cure de votre excès d'ire

N'ayant a ce jour blessé que votre orgueil ma foi!

Il est de vraies reines, vous en estes des pires.

 

Tu as creusé ta tombe misérable vermine !
Et Néron en personne annoncera ta ruine !
Tu as perdu l'empire qui t'étais destiné
Je te condamne au sort des voeux de chasteté

Damoiselle, si ma tombe est de terre, la votre est d'esprit,

Et je n'ai que faire de l'annonce d'un roi bientôt suicidé!

Il est des empires, ou ne vaut mieux pas poser son vit

Et ne vous ai point attendu pour faire voeux de chasteté!

 

Par tout mon pays pleurant ton impuissance,
Tu te verras contraint  à porter l'abstinence,
Répudié de partout à travers mon  royaume
Tu erreras sans fin loin des portes de Rome !

Votre pays pleure surtout sous le joug de l'absence

D'un bel esprit dans le corps de sa sombre reine,

Qu'importe d'être banni aux mots de votre sentence,

Je me gausse de votre ire, et de votre triste peine!

 

Attestant  les Saints droits d'un Noeud que j'ai formé
Et veillant sans relâche à tenir enflammé
Tu devras des 7 cieux quémander ma clémence 
Pour t'affranchir enfin de cette dépendance..

 

Aux diables les saints! et les votre aussi, en cette occasion,

Ce n'est point mon âme, mais la votre qui se consume

Me fichant avec aisance des cieux autant que de votre pardon,

Dont la politesse absente désigne sans détour l'amertume.

 

« Alea jacta est » le sort en est jeté !
Je t'offrais le salut et tu l'as rejeté !
A la clef des 7 cieux promis aux merveilleux,
Tu préfères l'enfer en injuriant mes Dieux.
Comment oses tu,  blasphémer de la sorte,
Maudit sois tu Judas,  espèce de cloporte… !!

Il n'est rien de plus grand, hormis l'élégance de notre roi,

Que la taille majestueuse de votre sottise, de haute voltige...

Qui croyez vous être pour offrir le salut aux travers d'ébats

N'est de déshonneur ici que pour l'entrecuisse que je fustige!

Le votre! Coupable d'hérésie, vous reniez votre Dieu unique?

J'en aviserai donc au premier violet passant et ecclésiastique.

 

Refuse toi à moi sous tes airs dédaigneux
Mais tu perdras ton âme dans ce jeu dangereux,
En ignorant ma flamme tu attises mon jeu,

Pour ce qui est du dédain damoiselle, vous en avez la primauté!

L'impolitesse de votre tutoiement, tend fort bien a le confirmer,

Je n'ignore point votre flamme, ne voyez vous que  je souffle dessus?

Plus vif est le feu, plus il est prompt a s'éteindre, n'en soyez pas déçue.

 

Souffre qu'en t'approchant pour côtoyer mon feu,
Tu ordonnes à ton coeur de s'y brûler un peu !
Ignores tu que Femme obtient ce qu'elle veut ?

Le souffre émanant de votre forge rageuse, ne me dérange guère

Il n'est plus d'ordres a donner a ce qui est mort un jour malheureux,

Je ne suis qu'homme de paix et vous este une trop fière guerrière,

Et de toute les femmes, celle que j'ignore le plus sont celles de peu!

 

Cet orgueil te perdra en servant tes discours
Tu  lances des défis et tu combats le jour,
Les femmes quant à elles ont cette intelligence
De savoir que la nuit sied mieux à leur vengeance

Tout comme mon coeur, mon orgueil n'est bel et bien plus en vie,

Et je constate que le votre,  pourvoirait aux besoins d'une armée!

Et de grâce, ne confondez donc point l'intelligence et la perfidie,

Et sachez que votre désir de vengeance nocturne, ne peux qu'échouer.

 

Et de quel stratagème je serais bien capable
En m'avouant vaincue pour te rendre coupable
Et lorsque tous mes pleurs attendriront ton coeur
Tu ne verras point  mes yeux, frémir sous la fureur !

Je n'ai suffisamment de valeur pour être la raison de quelques vils plans,

Et je ne vois aucun combat, il n'est donc ici a mes yeux ni vaincus, ni gagnants

La fierté vous aveugle madame, bien plus que vos larmes de circonstances,

En connaissance, vous offrirait mon mouchoir, comptez sur ma clémence.

 

Retire toi infâme, allez hors de ma vue !
Et contemple la défaite des bijoux suspendus
Qui attendent l'espoir d'accéder sur le trône
Et servir à ma tête de nouvelle couronne.


Je me retirerai bien volontiers, mais votre colère condamne ma sortie!

Et la seule défaite en ces lieux est la votre, et sa mauvaise foi assortie.

Prenez garde en sortant madame, de ne trébucher sur votre complaisance

Et de vous asseoir sur le trône qui le mieux vous convient: celui d'aisance.

 

(elle sortit en claquant la porte et revint 20 minutes plus tard accompagnée par la garde royale, lui continuait a lire, d'un beau livre les quelques vers, quand l'ouragan revint, personnifié en la mégère.)


Très cher ami, je viens vous annoncer

Que le Roi en personne à souhaité me venger
Pour réparer l'offense il vous attend demain
Dans le pré et à l'aube avec armes à la main

 

Le roi lui même dites vous? diable que voila grand honneur!

Je subirai donc son courroux, et tacherai d'être juste a l'heure.

Il va de soi que de ma France, je ne priverai de son souverain

Ainsi les ménestrels chanteront ma mort et l'orgueil d'une catin!

 

Catin dites vous ? je l'assume Monsieur j'ai au moins ce mérite
Quand j'observe ces gens menteurs et hypocrites
Je n'y vois que des âmes infâmes  et vendues
Qui pour masquer leur  vice, s'achètent une vertu !!


Plus que de le dire, ô vous, pâle jouvencelle, je le constate,

Et qui mieux que le menteur, peut discourir sur le mensonge!

Allez dont, triste reine, vous n'aurez jamais rien d'une Hécate

Et ceux que vous épiez, ne sont que le reflets de vos songes.


Oui !  Que chantent ménestrels  baladins troubadours,
L'audace d'une femme qui un jour à la cour,
A porté de sa main sa vengeance funeste,
Et qu'Athalie témoigne et que Phèdre l'atteste!

Suppôt de Baal! Beuglez donc votre victoire!

Mais sans mêler Baladins et bouffons de vol-haut,

Et cela sans confondre audace et piètre gloire,

Et laissez donc Épicure a son tendre repos!


Néron Britannicus porteront en personne
Ce que tous pensent ici mais que d'aucun ne nomme.
Et  que  la stèle de marbre de cet empire en ruine
Glorifie  à jamais  le nom  de Messaline  !!

 

Et bien... pour reprendre vos mots "alea jact est!"

Mieux vaut la mort par la belle main d'un roi

Que de continuer a débattre avec une peste!

Attestant ici fort bien le genre féminin de la mauvaise foi.

 

 

M.B vs M.R 2010

Réédition 2011

 


Publié dans Réeditions

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Commenter cet article

Jackie 11/06/2011 22:31



Et bien quel entêtement ! ce sont tous deux de précieux ridicules ! ! ! l'une à vouloir se donner à tout prix et l'autre de ne point vouloir la prendre !! rho ! que je suis coquine !



Sisyphe 12/06/2011 13:07



"Précieux ridicule" juste choix Jackie-coquine ;) Ce qui est rare est précieux^^



le musicien du dimanche 11/06/2011 15:13



Que de bassesses à s'entêter ainsi (même si c'est jouissif par ailleurs)


Je retrouve une partie de la chose mais n'avais pas noté le "messire morose"



Sisyphe 12/06/2011 13:05



ha y'a du borné(e) la c'est sur!^^ 



marguerite 11/06/2011 13:29



Ben en lisant, au fur et à mesure que j'avançais dans le texte, ça m'a attristé. Je ne sais pas trop pourquoi. C'est comme ça. Bien écrit en tous cas.


 


 



Sisyphe 12/06/2011 13:03



Merci pour nous :)



songe 11/06/2011 11:51



quel exercice !!! en tout cas c'est agréable à lire il n'y a pas de décalage je sias pas trop comment expliquer mais tout coule tout seul enfin bref c'était agréable à lire et quel caractère mais
du coup ça donne envie d'être un peu comme ça bon j'ai du mal à écrire ce commentaire moi ! parfois j'aimerai bien être un peu plus que piquante enfin bref 



Sisyphe 12/06/2011 13:00



En tout cas, je sais qu'avec Marine on s'est bien marré lors de son écriture!! Quand au piquant soit c'est naturel, soit ça se travaille^^mais ce n'est pas innacessible ;)



Clo :0038: 10/06/2011 20:20



Je me souviens d'avoir lu ce texte autrefois.


Toujours le même plaisir.


Sauf que je ne me souvenais plus à quel point la donzelle était garce !


Mais peut-être est-ce un travers féminin de tournicoter avec beaucoup de mauvaise foi, pour avoir raison????


Bise du soir:)



Sisyphe 11/06/2011 08:47



Ha!^^ Martine ne rigole pas quand il sagit d'être chieu... pardon, garce^^  heureusement qu'elle a autant
d'humour que de talent!


C'est même trés certainement un travers féminin oui, tout comme la balourdise ainsi que la fuite est trés masculine ;)


 


Bises Clo :)