Divisant la hauteur d'un arbre incertain, un invisible oiseau s'ingéniait à faire trouver la journée courte, explorait d'une note prolongée la solitude environnante, mais il recevait d'elle une réplique si unanime, un choc en retour si redoublé de silence et d'immobilité qu'on aurait dit qu'il venait d'arrêter pour toujours l'instant qu'il avait cherché à faire passer plus vite.
Marcel Proust
A la recherche du temps perdu.
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(...)J'aime le gris. Une des seules teintes honorifiquement considérée comme valeur d'intensité lumineuse alors qu'elle n'est issue de rien. Le noir n'étant qu'un non-reflet de lumière et le blanc qu'une valeur extrême. Le gris est magnifique en ce sens, car il n'est porté par rien et ne se prétend rien. Mais il est. Gris anthracite au fil du temps sans doute, il n'en demeure pas moins de constante grise.
C.
J’aime le gris. Il est de partout, il est d’ailleurs. Une teinte née de l’union d’un tout et d’un rien, d’un noir fait de toutes les autres, d’un blanc dépourvu d’elles. Le gris garde la distance, et quand il s’approche, donne vie aux nuances, projette l’ombre et donne un relief, un sens tangible à toute chose. Il est l’improbable mariage de l’absence et de la totalité, il est le constat de ceux que l’homme pense fou, il est le nécessaire, l'indéfectible, multiple et suffisant dans sa multiplicité, il ne tend qu’à faire exister et non pas a être a tout prix. Le gris est la finalité de ceux dont l’ombre est devenue lumière.
M.
Lorsque je murmure que je ne désire pas d'enfant ; tous les bébés braillent en ressentant l'absence d'un congénère ; tous les docteurs ronchonnent en décomptant les honoraires d'un nouveau patient ; tous les écrivains s'irritent de la perte d'un futur lecteur enthousiaste ; toutes les mères regrettent les débats passionnés lors des échanges puériculturels ; tous les notaires classent tristement les actes manquants ; la machine industrielle se détraque un instant ; la pérennité de l'État est mise en danger - mon ventre infécond est une arme terroriste.
(...) Etêteur d'histrions, étripeur de bouffons, je m'ouvrirai les veines
de mon plus long couteau, pour vous faire boire la haine
qui coule de mon égo. Suppliciateur boucher missionnant pour raison, d'expulser de vos êtres ce fiel nauséabond.(…)
Saignants Seigneurs, moi l'avilisseur, sacrifie l'hypocrite, dévore la vestale torpeur, vomi l'essence de
votre inscience, viole la vertu de ce pays pour m'écrier le soir venu « A mort la tolérance » de cette défunte qu'est la France.
Cyrielle&Stephanie, Lis et Rature
Seuls les monstres peuvent se permettre de voir les choses telles qu’elles sont.
(...)Ce matin mon miroir me fait une étrange confession :
« Dans la profanation de ton innocence, dans l’obscénité du temps, le jaune qui rit sur tes dents, l’érosion des espoirs que
tu pensais pourtant infinis, tu as vieilli. L'étrange baiser de ta mère sur ton front endormi, tu as vieilli.
Tu n’as rien vu venir, tu n’as presque rien senti, ça c’est passé la nuit alors que le sommeil t’avait rendue vulnérable, sereine et périssable comme un fruit.
»
Bienheureuse Ophélie que l’amour rendit folle,
Avant que désespoir ne fut si
douloureux,
Qu’indifférence vint pour faire que
somnole,
De ses affreux tourments le flux
tumultueux.
Mais lorsque les regrets l’emportent sur les
rêves,
Lorsqu’il ne reste rien que le vide
accompli,
Il faut marcher encore et refuser la
trêve,
Que propose le sort d’un sommeil
infini.
Il faut marcher encore, sans but et sans
espoir,
Marcher devant, toujours, au nom de
l’habitude,
Avec pour seul bagage la frêle
certitude,
Qu’aimer était le seul et sublime
devoir.
-Billets d'une pensée ordinaire-
Sigmund Freud, tu nous emmerdes !
Fracassées nos sensualités
Castrées nos pulsions sensorielles
T’as mis nos émotions en HLM
Et logé le sexe au palace.
Freud, je t’emmerde.